Emballement climatique !

 

Source le net : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1718793/changement-climatique-emballement-pascal-yiacouvakis

L’année 2020 pourrait être l’une des cinq années les plus chaudes malgré la diminution de 5 % des émissions de gaz à effet de serre prévues d’ici la fin de l’année à la suite du ralentissement économique provoqué par la récente pandémie. (Voir La pandémie aura-t-elle un impact sur le climat?)

Depuis 1880, la température moyenne mondiale a augmenté de 1,1 degré Celsius. Cette hausse s’est accélérée dans le temps et les 9 années les plus chaudes ont toutes été observées depuis 2005, l’année 2016 se situant jusqu’à maintenant au sommet de la liste.

Au Canada, la température moyenne a grimpé de 1,7 degré depuis 1948 (jusqu’à 2,3 degrés dans le nord du Canada), alors qu’au Québec on observe une augmentation de 1 degré dans le sud et jusqu’à 3 degrés dans le Nord québécois.

Comparativement à la moyenne planétaire, le réchauffement est beaucoup plus marqué au Canada.

C’est la forte hausse des concentrations de gaz à effet de serre (particulièrement le gaz carbonique), due en grande partie aux activités humaines, qui provoque ce réchauffement.

D’ailleurs, ces concentrations augmentent continuellement et on n’a jamais observé autant de gaz carbonique dans l’atmosphère depuis au moins 800 000 ans. Certaines études récentes font même reculer cette limite jusqu’à 3 millions d’années.

Ce réchauffement planétaire provoque déjà un dérèglement climatique qui se traduit par un accroissement des événements météorologiques extrêmes, une fonte accélérée des glaces, une hausse du niveau des océans et une diminution de la biodiversité.

Au rythme où vont les choses, on s’attend à ce que le réchauffement planétaire atteigne 3 à 5 degrés d’ici la fin du siècle. L’impact sur l’humanité serait alors catastrophique.

En fait, dès 2030, le réchauffement pourrait atteindre 1,5 voire 2 degrés et la situation pourrait alors s’aggraver très rapidement.

Par exemple, on a calculé qu’avec une hausse de 2 degrés, les chaleurs extrêmes toucheraient 2,5 fois plus de personnes qu’avec une hausse de 1,5 degré. De la même manière, la perte d’habitats de la biodiversité augmenterait de 10 % pour un réchauffement de 1,5 degré; cette perte serait doublée avec 2 degrés.

C’est pourquoi, selon le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), il faut prendre des moyens sans précédent pour limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré d’ici 2030, sinon il sera trop tard pour éviter l’emballement possible du climat. Pour y arriver, d’immenses efforts seront nécessaires, soit une diminution des émissions de gaz à effet de serre de 45 % par rapport à celles de 2010.

Des études récentes font aussi poindre un risque élevé d’emballement du climat avec une augmentation tout près de 2 degrés.

Ce possible emballement s’apparente à un effet domino qui provoque de nombreuses rétroactions naturelles qui contribuent à accentuer le réchauffement, et ce, sans accroissement des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique. En d’autres mots, le climat pourrait devenir incontrôlable.

Parmi ces rétroactions naturelles, notons, entre autres, la diminution des surfaces de glace et de neige (accélération du réchauffement au niveau du sol), des océans plus chauds qui absorbent moins de gaz carbonique, une réduction de la couverture végétale et par le fait même des zones d’absorption de gaz carbonique, et la fonte du pergélisol qui pourrait relâcher de vastes quantités de méthane, un puissant gaz à effet de serre.

Il y a donc un risque bien réel d’emballement climatique, et des mesures draconiennes devront être prises pour éviter cette possible dérive du climat terrestre qui ne semble pas si lointaine.

Pascal Yiacouvakis

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