Site Atlas cyclonique des Antilles françaises

Atlas des cyclones des Antilles françaises ( avec l’aimable proposition de notre ami Roland Mazurie)

Le site : http://atlas.amicale-des-ouragans.org

Mise à disposition d’un atlas cyclonique des Antilles françaises

(article rédigé par François Borel, Jean-Claude Huc, Roland Mazurie – février 2021) 

Début septembre 1996, en Guadeloupe, Alain Gillot-Pétré, le présentateur météo bien connu de TF1, retrouve comme à son habitude ses acolytes – 3 camarades amateurs comme lui – pour suivre le cœur de la saison cyclonique sur place. Leur domaine de prédilection ? : l’Atlantique tropical et l’arc antillais. Et comme chaque année depuis très longtemps, ils suivent les perturbations qui circulent entre l’Afrique et les Petites Antilles.

Ils observent, recueillent les données (pour certains depuis plus de 40 ans), tracent et étudient les trajectoires, consultent attentivement et analysent les informations collectées par les satellites et le centre spécialisé du N.H.C à Miami, le plus sérieusement possible … mais sans se prendre au sérieux.

Ainsi faisant, saison après saison, ils enrichissent leur expérience de ces phénomènes cycloniques : une expérience longue et qui s’acquiert au fil des années. Car chaque cyclone tropical est unique dans ses variations d’intensité, dans sa trajectoire, dans sa structure, dans ses comportements parfois inattendus, et hélas dans les dégâts qu’il peut causer.

Ces amateurs décident alors de donner un nom à ce groupe. Ce sera bien naturellement, « l’Amicale des Ouragans » (ADO), un groupe de passionnés amicalement soudés par l’esprit de partage.

Leur objectif ? Collecter des données sur les cyclones tropicaux de l’Atlantique nord, et en particulier ceux qui concernent les Petites Antilles, pour permettre une meilleure compréhension  de leur comportement dans notre région, et en établir une climatologie locale (étude du passé – retour d’expérience) qui sera mise à disposition du plus grand nombre. Et pallier ainsi un manque patent lorsqu’ils consultent les sites existant dans la communauté météorologique, institutionnelle notamment.

Depuis que, lors des tempêtes de fin décembre 1999, Alain Gillot-Pétré est parti rejoindre « ses cyclones » dans leur ronde perpétuelle autour de la planète, le groupe qui s’est étoffé a poursuivi ce rigoureux travail d’observation, d’analyse et de collecte. Et projette alors de créer une plateforme qui permettra d’accéder facilement et sous une forme attractive aux caractéristiques de tous ces cyclones qui ont affecté les Petites Antilles. C’est ainsi qu’en 2018 un Atlas des cyclones de la Guadeloupe est mis en ligne en accès libre.

Ce premier atlas, pour lequel l’Amicale a pu compter sur la collaboration du service météorologique de Guadeloupe, présente 44 phénomènes cycloniques répertoriés, qui ont produit des effets météorologiques notables sur l’archipel de la Guadeloupe depuis 1950. Le choix a été fait de ne pas traiter les conséquences humaines, économiques et sociales de ces cyclones dans cet atlas, car elles sont largement développées dans de nombreux ouvrages et articles. Il faut citer à ce propos le dernier ouvrage qui a fait date dans ce domaine : « Eclats de temps – Anthologie des phénomènes climatiques extrêmes de la Guadeloupe » – Huc-Etna – PLB Editions.

Forts de la curiosité et de l’intérêt suscité par cet outil pédagogique, l’Amicale des Ouragans décide d’étendre l’atlas à l’ensemble des îles françaises des Antilles.

C’est au cours du deuxième trimestre 2021 que sera mis à disposition du public, via internet, un nouvel atlas étendu à l’ensemble des départements et collectivités françaises des Petites Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy et Saint-Martin), enrichi cette fois grâce à la collaboration des administrations américaines de la NOAA et de la NASA notamment. On notera que cet atlas est mis à jour annuellement.

Depuis 1950, ce ne sont pas moins de 76 phénomènes qui y sont décrits avec le maximum de données concernant chacun d’entre eux. Chaque cyclone possède une fiche descriptive illustrée, qui comporte tous les éléments nécessaires à la compréhension de son évolution sur les îles (comptes-rendus, cartes, imageries et mesures météorologiques ou maritimes disponibles).

Un des points forts de cet outil est la reconstitution de l’imagerie satellite de ces cyclones. Les images quotidiennes sont disponibles (certaines accessibles au public pour la première fois) pour les systèmes entre 1963 et 1978. Des animations complètes (au pas de 30 minutes, en canal visible ou infrarouge) sont proposées pour tous les phénomènes depuis 1979. Ces animations, centrées sur un domaine géographique unique, permettent d’apprécier l’approche et le passage du cyclone sur l’arc antillais.

A gauche : présentation de l’animation satellite de l’ouragan LUIS en septembre 1995

A droite : l’ouragan CLEO au dessus de la Guadeloupe en août 1964

 

Les images ou animations radar (moyen de détection des zones de précipitations liées à ces systèmes) disponibles en archives sont également proposées.

 

 

L’œil du cyclone DAVID vu par le radar de Martinique en 1979

 

 

 

 

 

 

L’ensemble des données des postes météorologiques de Météo-France et des réseaux complémentaires sont intégrées, en vent maximal ou en cumul de précipitations. Les mesures sont disponibles par poste ainsi que les cartes des valeurs maximales par commune.

 

Pour chaque cyclone, quelle que soit l’île directement impactée, tous les territoires des Antilles françaises sont renseignés. Il est donc possible d’apprécier l’impact sur des lieux plus éloignés du centre cyclonique.

 

Vent maximal et houle observés en Martinique durant le passage de l’ouragan DEAN en 2007

 

 

 

D’autres réalisations permettent au plus grand nombre de mieux comprendre cette particularité de leur climat :

– une cartographie interactive présente les cyclones selon leur zone d’origine ;

– la reproduction animée des prévisions de trajectoire officielles successives met en évidence les changements de comportement nombreux de ces phénomènes, source de difficultés de prévention et de déclenchement des systèmes d’alertes, parfois mal comprises par la population ;

– et des frises historiques mettent en exergue, pour chacune des îles, l’occurrence de ces phénomènes selon leur intensité, et permettent d’apprécier les périodes d’activité ou de calme.

Historique des prévisions, trajectoire en temps réel (en jaune) et trajectoire après ré-analyse a posteriori (en rouge) de la tempête tropicale IRIS en 1995

 

 

 

 

 

 

Outre le fait de conserver en un endroit unique toutes les informations dispersées concernant ces cyclones, l’opportunité de consulter les données satellites et les mesures météorologiques rend possible l’acquisition d’une expérience cyclonique solide sur les dernières décennies, sans pour autant l’avoir vécue.

Cet outil moderne et très facile d’utilisation permet donc aux nombreux prévisionnistes de ces territoires antillais de s’approprier rapidement une expérience riche de tous les comportements possibles des cyclones passés, améliorant ainsi notablement leur rapport avec ces éléments et phénomènes singuliers.

Etant en accès gratuit et sans publicité, cet atlas permet également aux autorités et à tous les acteurs de la protection civile, de même qu’à l’ensemble de la population, de mieux appréhender son climat et son aléa cyclonique, et nous semble indispensable à l’entretien de la culture du risque et de la mémoire collective.

Cet atlas sera accessible à la même adresse que l’atlas de la Guadeloupe actuellement proposé, à savoir : http://atlas.amicale-des-ouragans.org

Magny les Hameaux article indexé

Sommaire :


1- Introduction

2- La création de l’observatoire

3- La présence dans les grandes expériences d’observation

 

 

1- Introduction

Le jeudi 25 février 1993, l’observatoire météorologique de Magny les Hameaux fermait définitivement ses portes, après quarante et un ans d’existence, puisque les premières activités commencèrent au printemps de l’année 1952.

Sur cette période, plus de 200 personnes au total, chercheurs, ingénieurs, techniciens, ouvriers, administratifs, stagiaires, … ont consacré toute leur énergie aux travaux de l’observatoire pour

 

2- La création de l’observatoire

Les éléments rel#atifs “au choix de l’emplacement de l’observatoire rappelés ici proviennent principalement d’un article de Jean-Pierre Picquenard, disponible auprès des auteurs. Les activités prévues alors étaient la recherche liée à la météorologie, l’optique atmosphérique, en particulier l’ozone, la turbulence et la structure du vent, le brouillard, les parasites atmosphériques et la propagation des ondes radioélectriques très courtes, l’énergie solaire en vue d’implanter un laboratoire d’actinométrie, et l’enseignement des ingénieurs élèves.

 

 

    La présence dans les grandes expériences d’observation

Depuis sa création, l’Observatoire de Magny les Hameaux a participé à de nombreuses campagnes de mesure, dont les principales figurent dans le Tableau suivant Année Lieu Objectifs
1967 Radiosondages à Magny les Hameaux, Chartres et Pithiviers Equipe Haute altitude

Nantes historique

La Météorologie à Nantes de 1824 à 1986

par Jean-Marie Poiret avec la collaboration de Jean-Luc Le Pape et Yves Le Lann

Les premiers sites de relevés météorologiques dans le chef-lieu du département de Loire Inférieure ont successivement été les suivants : Lire la suite …