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De Nogent-sur-Marne à Paris Gare de Lyon :
une exploration insolite du 12ème arrondissement parisien

Jean Coiffier

Ce vendredi 6 mars 2026, en fin de matinée, le ciel de l’Île-de-France est gris, avec cependant une température relativement douce, tout à fait habituelle en ce début de printemps météorologique qui permet à 19 membres de l’AAM et de l’ANAFACEM de venir se dérouiller les mollets entre Nogent-sur-Marne et le centre de Paris.
Après avoir quitté la gare du RER de Nogent-sur-Marne, nous regagnons la lisière du bois de Vincennes et passons devant l’entrée du jardin d’agronomie tropicale René Dumont, où subsistent des éléments architecturaux édifiés à l’occasion de l’exposition coloniale de Nogent en 1907.

Nous poursuivons notre promenade jusqu’à l’entrée de l’École Du Breuil, ainsi nommée du nom d’un de ses premiers directeurs, école d’horticulture de la Ville de Paris, créée en 1867 par le préfet Haussmann. Située initialement près de la Porte Dorée, elle fut transférée dans le Bois de Vincennes, lorsque son terrain fut absorbé pour la construction du Musée des Colonies lors de l’exposition universelle de 1931. Après avoir été accueillis très aimablement par une gardienne nous expliquant le plan du jardin, nous avons pu nous promener librement en passant devant une rocaille dénommée le jardin japonais pour atteindre le jardin polynésien, où des totems dressés ainsi qu’une paillote au milieu de palmiers évoquent la douceur des tropiques. Si les feuilles des arbres se laissent encore désirer, de superbes magnolias sont surchargés de fleurs, alors que de nombreuses jonquilles cultivées et d’autres fleurs vivaces garnissent les plates-bandes (Photo 1).

Photo 1 : magnolia en fleurs
Photo 2 : les oies bernaches

Après avoir traversé la rue, nous pénétrons dans l’Arboretum de Paris, qui ne contient pas moins de 1200 arbres de 650 espèces et variétés différentes soigneusement étiquetées. Dans la section conifères, nous nous attardons pour admirer en particulier un cèdre pleureur, un séquoia, ainsi qu’un araucaria. Nous poursuivons ensuite notre balade, qui passe derrière l’hippodrome de Vincennes, puis longe le Lac de Gravelle et serpente à côté du ruisseau de même nom en empruntant une partie du parcours sportif de la Patte d’Oie. Cette promenade au bord de l’eau nous permet d’observer canards et oies bernaches, foulques et poules d’eau ainsi qu’un grèbe semblant apprécier cette voie navigable (Photo 2).

Après avoir profité d’un panorama sur la ville, nous atteignons le lac Daumesnil (Photo 3), dont nous longeons la rive sud pour arriver à une passerelle conduisant à l’Île de Reuilly, où nous apercevons la Gloriette, petit temple rond qui va s’avérer idéal pour faire une pause bien méritée et sortir les casse-croûtes des sacs. Une fois réhydratés et rassasiés il est temps de repartir, non sans avoir respecté la tradition de la photo de groupe (photo 4).

Photo 3 : le lac Daumesnil et la Gloriette
Photo 4 : le groupe de marcheurs

Le ciel s’étant légèrement éclairci, nous poursuivons notre promenade en accédant à l’île de Bercy. Nous rencontrons de nombreux sportifs amateurs et promeneurs venus admirer les bords du lac le long duquel nous pouvons admirer de nombreux oiseaux : hérons, cormorans, oies bernaches, canards, cygnes, ainsi qu’un groupe de paons qui ne peuvent s’empêcher de nous faire admirer par tous les côtés leur éventail de plumes colorées (Photos 5 et 6). Après être de nouveau repassés devant la Gloriette, nous longeons la rive sud du lac Daumesnil, d’où nous apercevons au loin le rocher des singes du zoo de Vincennes, puis passons à proximité de la Grande Pagode de l’Union bouddhiste de France et de la sculpture « Pélerins des nuages et de l’eau » érigée en 1971, due à l’artiste japonais Unsui Gunzo.

Photo 5 : cormorans
Photo 6 : un paon

Nous sortons enfin du bois de Vincennes pour retrouver la grande ville à la Porte Dorée, place dont le centre est occupé par une fontaine surmontée d’une statue d’Athéna (dorée évidemment) coiffée d’un casque gaulois (Photo 7). Réalisée par le sculpteur Léon Ernest Drivier pour l’exposition coloniale de 1931, elle était intitulée : « La France apportant la paix et la prospérité aux colonies ! » (autres temps, autres mœurs !).

Photo 7 : statue d’Athéna (porte dorée)
Photo 8 : immeuble traversé par la coulée verte

Après s’être attablés un moment à une terrasse pour prendre un petit café, nous poursuivons notre balade printanière en gravissant courageusement la cinquantaine de marches qui nous conduit sur la passerelle d’une ancienne voie ferrée pour obliquer et s’engager sur la « Coulée verte René Dumont ». Celle-ci a été inaugurée en 1993 et utilise le support de l’ancienne ligne ferroviaire aérienne dite « ligne de Vincennes », qui reliait la gare de Paris-Bastille à Marles-en-Brie, en Seine-et-Marne. Ce poumon de verdure qui surplombe les rues du 12ème arrondissement, conçu par le paysagiste Jacques Vergely et l’architecte Philippe Mathieux, offre un parcours vert très agréable jalonné de points remarquables, parmi lesquels on peut citer la « traversée » d’un immeuble (Photo 8), des aires pour les enfants et les amateurs de fitness, ainsi que des tunnels où les adeptes du street-art ont laissé leurs œuvres sans doute pas impérissables.

Nous arrivons enfin à un  curieux bâtiment qui s’avère être le commissariat de police du 12ème arrondissement, dont le toit est soutenu par 13 atlantes, sculptures inspirées de « l’esclave mourant » de Michel-Ange. Cette décoration monumentale réalisée en 1991, due à l’architecte ouzbèko-espagnol Manuel-Nunez Yanowski, est censée représenter les « policiers esclaves de la loi ». Arrivés à la rue Diderot, vient le moment de se séparer, nombreux étant ceux qui doivent rejoindre la gare de Lyon. Tous semblent ravis de cette agréable promenade leur ayant fait profiter de la nature en ce début de printemps et découvrir un aspect tout à fait insolite de la ville de Paris, et beaucoup se disent prêts à se retrouver pour participer à de nouvelles balades.

Crédits photos : Jean Coiffier, Anne Fournier, Maurice Imbard