La Cité de l’Architecture et du Patrimoine
Anne Fournier
Ce 9 avril 2026, 19 membres/ adhérents AAM et ANAFACEM ont profité de cette visite guidée par Mme Deshayes. Nous nous étions auparavant restaurés au « Café de la marine », avec un délicieux buffet dont les plats étaient très bien cuisinés avec un bon rapport qualité/prix.
Si vous avez envie d’admirer des œuvres architecturales françaises, sans avoir à parcourir des kilomètres à travers le pays, filez 1 place du Trocadéro à Paris à La Cité de l’Architecture et du Patrimoine ! C’est la seule institution au monde dédiée à l’architecture contemporaine et au patrimoine à réunir un musée, une école, un centre de prospective en architecture contemporaine, une bibliothèque et un centre d’archives. Au début du XIXe siècle, les cathédrales et châteaux tombent en ruines dans l’indifférence générale. Mais, en prévision de l’exposition universelle de 1878, l’architecte Viollet-le-Duc qui s’est donné pour mission de défendre le patrimoine médiéval fait le projet d’un musée de sculpture comparée. Pour cela, il constitue des équipes d’artisans qui vont faire sur place, aux quatre coins de la France, des moulages en plâtre, par tronçons, de divers monuments : portails de cathédrales, statues et autres éléments d’architecture. Puis, de retour à Paris, à partir de ces copies à l’échelle 1, ils vont reconstituer les ouvrages, en ajoutant de la résine et de la patine. (Photos 1, 2 et 3).
Dans les années 30, le musée prend le nom de Musée des monuments français. Ce travail de moulage durera jusqu’en 1940 environ. Ensuite les techniques au laser et de photogrammétrie prendront le relais.
Outre leur intérêt touristique et pédagogique (nous verrons au cours de cette visite de nombreux étudiants occupés à dessiner ces copies), ces œuvres, reflet exact de l’époque où les moulages ont été réalisés, constituent des modèles permettant de restaurer ou de reconstruire des monuments lorsqu’ils ont subi des détériorations. On peut citer l’exemple de la statue de « l’ange au sourire » de la cathédrale de Reims (Photo 4) dont la copie a été utilisée pour renouveler cette statue détruite pendant la 2ème guerre mondiale ou encore la flèche de Notre-Dame de Paris refaite après l’incendie du 15 avril 2019.
La déambulation dans les galeries du premier niveau permet de parcourir l’évolution de l’architecture, de l’art roman à l’art gothique, l’apparition de l’arc brisé, l’arc en accolade, le gothique flamboyant avec ses flammes comme à l’église St Séverin de Paris. (Photo 5). Le développement des pèlerinages conduit à la création d’un déambulatoire et à l’ajout d’un trumeau au centre des portails, avec l’entrée à sa gauche et la sortie à sa droite, ainsi qu’on peut l’observer sur la copie de la basilique Sainte Marie-Madeleine de Vézelay.
Plusieurs maquettes sont exposées, comme celle de la cathédrale de Laon (1155-1235), maquette qui a été réalisée par des détenus du Val d’Oise (Photo 6, avec ses bœufs en incrustation à gauche, en hommage à ceux qui ont aidé les ouvriers lors de la construction !) ou celle de Notre-Dame de Paris (1163-1345). Pour la renaissance, ce sont plutôt les châteaux et les hôtels particuliers qui sont reproduits.
Au deuxième niveau est évoquée l’évolution des immeubles avec leurs architectes comme le baron Haussmann (1809-1891). L’École d’Architecture créée en 1860 amène à une réflexion sur la façon d’habiter et sur l’application de principes hygiénistes telle la création de salles de bain. Dans les années 1910-1920, c’est l’époque des cités jardin pour les ouvriers.
Puis, après la deuxième guerre mondiale, il fallut construire vite et bon marché. C’est alors que le béton fut à la mode, notamment avec l’architecte Auguste Perret (dont nous avions vu l’œuvre au centre ville du Havre lors de la croisière sur la Seine en 2022) ou avec son élève Le Corbusier. Nous avons visité un appartement reconstitué de la cité radieuse construite par ce dernier à Marseille (Photo 7).
De nos jours, le béton mal aimé à cause de ses propriétés d’accumulation de la chaleur l’été est détrôné par les façades végétalisées.
Notre visite de la cité de l’architecture se termine par une galerie de peintures murales représentant à la fois des personnages bibliques et des activités de la vie quotidienne locale. Enfin, après deux heures passées au cœur du patrimoine, notre groupe se disperse sous une reproduction en mosaïque de la coupole intérieure de la cathédrale de Cahors. Pour ceux qui voudraient approfondir le sujet, il faudra revenir, car la cité regorge de trésors.
Crédits photos : J. Coiffier, A. et J.-C. Fournier, M. Imbard






