IDF-Visite Mont Valérien


Visite de la forteresse du Mont Valérien

Le jeudi 15 octobre 2026, Suresnes (92)

Auteur : Maurice Imbard.
Crédit photos : Jean Coiffier Patrick David, Anne Fournier, Maurice Imbard

Nous étions 24 membres de l’association, arrivés par bus, Transilien ou voiture, certains ayant profité d’un automne encore chaud et beau pour pique-niquer avant la visite sur la Terrasse du Fécheray, un peu en contrebas, et admirer la vue splendide, bien qu’un peu brumeuse, sur Paris.

Le site de la forteresse est militaire et se trouve à environ 500 mètres du Mémorial de la France combattante. Il est occupé de nos jours par la Direction interarmées des réseaux d’infrastructures et des systèmes d’information d’Île de France/8e régiment de transmissions (DIRISI IDF/8e RT).

Nous sommes accueillis par notre guide, Madame Sabine Delannay qui nous présente le lieu. Lieu historique à plusieurs titres, dont un important pour les anciens de la Météorologie puisque l’Office national météorologique (ONM) a occupé une partie de la forteresse, le « bâtiment 1812 », de 1922 à 1939. Pour plus d’information à ce sujet, on pourra se reporter à l’article de Jean-Pierre Javelle du numéro 209 de la revue arc en ciel 2026.

Photo 1 : Le groupe

Le mont Valérien culmine à 162 mètres d’altitude. Il a été fréquenté par des religieux depuis fort longtemps, notamment du fait de la présence de sources. Il fut occupé durant le Moyen Âge par des ermites qui cultivaient les vignes sur ses flancs. Du XVIIe siècle jusqu’au début du XIXe, un calvaire religieux érigé sur son sommet a fait l’objet d’un important pèlerinage.
En 1791, pendant la révolution, le calvaire a été supprimé. De cette période restent les vestiges protégés d’un vieux cimetière.
En 1841, l’État décida de construire une première ceinture de forts pour protéger Paris. Les bâtiments religieux furent détruits et une imposante forteresse de type Vauban construite sur le mont. En 1870, la forteresse participa à la défense de Paris pendant le siège par les Prussiens.
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle a été occupée par l’armée allemande. Plus de mille personnes, otages et résistants, ont été exécutés au Mont Valérien. En mémoire de cette tragédie, seize corps de combattants dont la résistante Berty Albrecht, ont été enterrés dans la forteresse.
Le général de Gaulle fera transférer les corps sur le site civil du Mémorial de la France combattante inauguré en 1960.

Une partie de notre visite a été consacrée au colombier situé dans l’enceinte de la forteresse. Les pigeons ont été utilisés depuis l’Antiquité pour transmettre des messages, notamment pour assurer des communications entre militaires. Ce fut le cas jusqu’à la première guerre mondiale. Le 8e régiment des transmissions était donc l’endroit idéal pour accueillir en 1998 le dernier colombier militaire d’Europe, transformé depuis en musée.
Nous avons eu de très riches et complets échanges avec l’agent qui nous a reçu dans le musée.
Nous avons quasiment tout appris du métier de colombophile : de l’élevage et du dressage des pigeons voyageurs, des distances parcourues, de leur utilisation du champ magnétique terrestre et des trophées gagnés lors de compétitions internationales.
Le musée abrite quantité de documents relatant l’histoire des colombiers et de leurs habitants. Ainsi nous est racontée l’histoire du pigeon « Vaillant » (matricule 787-15, cité à l’ordre de la Nation) qui en 1916, traversant les zones de combats, a permis d’appeler du renfort et sauver le commandant Raynal et ses hommes encerclés par l’ennemi.

Photo 2 : Les pigeons de Verdun

Photo 3 : Le fameux bâtiment
Photo 4 : Bâtiment désaffecté en attente de restauration

Nous poursuivons notre visite en montant plus de cent marches pour atteindre le « plateau » et déboucher devant le fameux bâtiment construit en 1812 sur ordre de Napoléon pour servir de maison d’éducation pour les orphelines de la Légion d’honneur, classé monument historique mais totalement désaffecté aujourd’hui et nécessitant de gros travaux de consolidation. C’est là que nos prédécesseurs avaient installé « le centre d’instruction météorologique, ancêtre de l’École nationale de la météorologie, une station d’observation qui effectuait des sondages aérologiques par ballons pilotes, des laboratoires d’étalonnage et de recherche instrumentale avec, à partir de 1936, une petite soufflerie aérodynamique d’essais (J-P Javelle)».
Nous apprenons d’ailleurs par notre guide que des instruments météorologiques entreposés dans le bâtiment ont été restitués tout récemment à Météo-France.

Enfin Enfin nous finissons notre visite avec la visite du musée des transmissions, comprenant la salle d’Honneur du 8e régiment et les salles d’exposition des équipements de télécommunication du début du XXe siècle.
Notre visite a duré presque trois heures mais tout le monde est ressorti content de cette visite alliant histoire et découverte du site. Comme la brume s’était un peu dissipée quelques-uns d’entre nous sont retournés sur la Terrasse du Fécheray admirer le panorama sur Paris.

Photo 5 : Équipement de transmission SAGEM